Son histoire

Comment cela est-il arrivé ?

Voici l’histoire de la grossesse de ma maman et de ma naissance
Après un combat de 4 ans pour essayer d’avoir notre 2ème enfant (procréation médicale assistée, fausse couche, procédure d’adoption dont l’agrément nous a été refusé sans motif valable), je finis par tomber enceinte en février 2010…

Ma grossesse aura été une épreuve difficile, avec surtout l’angoisse des 3 premiers mois de faire une fausse couche, je courrais toutes les 2 semaines aux urgences pour faire une échographie pour être sûre que bébé se développe bien. J’ai dû faire une amniocentèse et attendre 3 semaines pour avoir les résultats, tout allait bien et bébé était une petite fille.

Un mois de répit, puis je commence à faire du diabète gestationnel et j’ai donc dû prendre de l’insuline car je n’arrivais pas à stabiliser mon taux de glycémie. Et puis j’avais un pressentiment, ça n’allait pas se passer normalement. Je venais d’apprendre qu’une de mes connaissances venait de perdre son bébé à 8 mois de grossesse, étranglé par le cordon ombilical. Mon angoisse était qu’il m’arrive la même chose.

J’attaquais presque mon dernier mois de grossesse, j’ai donc fait ma dernière échographie où tout allait bien. Mon bébé avait l’habitude d’énormément bouger, mais en ce début d’automne 2010, je sentais que le bébé bougeait moins. De plus, je me sentais extrêmement fatiguée. Il était normal qu’elle bouge moins car nous étions presque dans le dernier mois.

Et une journée, le 6 octobre 2010, je ne l’ai pas sentie du tout, j’ai essayé de la bouger et rien… Le lendemain matin, j’avais rendez-vous avec l’anesthésiste et j’ai décidé d’aller faire un monitoring. J’ai attendu plus de 2 heures l’anesthésiste (je lui en veux encore) et suis allée faire le monitoring. Après avoir attendu près de 40 minutes que les urgences gynécologiques me reçoivent, j’ai pu enfin faire le monitoring et espérer être rassurée.

La sage-femme m’a effectivement rassurée en me disant que l’on entendait le cœur du bébé, puis elle est sortie. J’étais soulagée, mais soudain j’ai vu cette équipe de 5 personnes débarquer dans la salle et la sage-femme me dit que mon bébé ne va pas bien, qu’il manque d’oxygène, et qu’il va falloir faire une césarienne d’urgence. Je me suis effondrée en larme, après toutes ces précautions… La sage femme me rassurait en me disant que je verrai mon bébé 20 minutes plus tard.

Après cela, j’ai été transférée en salle d’accouchement, je n’ai ni vu ni entendu mon bébé. La pédiatre était en train de la réanimer… Elle avait 3 tours de cordon autour du cou et un nœud. J’ai pu voir ma fille pour la première fois sous couveuse au moment où ils allaient la transporter d’urgence en réanimation néonatale à l’hôpital Béclère de Clamart, en coup de vent dans un couloir… Nous avons été séparées deux interminables journées et j’ai enfin pu la rejoindre.

Elle a été placée en hypothermie pour éviter d’aggraver les lésions cérébrales, elle a fait une fois des convulsions, et les ElectroEncéphaloGrammes du premier jour ne montraient aucune trace d’activité. Elle a bien dû en faire une dizaine (avec des petites améliorations au fil des jours), mais son pronostic vital était engagé.

10 jours plus tard, c’est le moment de l’IRM et là, on nous annonce qu’elle a des lésions au niveau des noyaux gris centraux. Elle aura un handicap allant de «modéré» à «grave», et on nous énumère, à notre demande, tous les problèmes qu’elle pourrait être susceptible d’avoir… bref je vous passe les détails.

Elle est sortie de la néonat au bout de 7 semaines quand elle a réussi à boire au biberon de façon satisfaisante.

Je suis retournée voir mon gynécologue 2 mois après la naissance (celui qui m’avait suivi pendant la grossesse), et je lui ai demandé pourquoi on n’avait pas vu les tours de cordons pendant la grossesse, il m’a répondu qu’on ne les voyait pas systématiquement à l’échographie et que beaucoup de bébés naissaient avec le cordon autour du cou, sans conséquences.

Ma fille n’a donc, selon ce médecin, pas eu de chance.